Les boites à secrets japonaises ou Himitsu-bako

Mistérieuses, précieuses et astucieuses, les boites à secrets japonaises ne manquent pas de qualificatifs. Originaires du pays du soleil levant, leur apparition remonte à l’ère Edo (1603-1807). Quant à leur nom, il leur vient tout simplement de leur fonction première de cache secrète, himitsu signifiant secret en japonais et bako désigant une boite.

D’aprés l’histoire, le commerce des himitsu-bako s’est développé au 17ème siècle grâce aux porteurs de palanquins ou kagokaki qui, afin d’accroître leur maigre revenu, se consacraient en parralèle de leur activité principale à la revente de produits de l’artisanat local de la région de Hakone. Les himitsu-bako étaient ainsi revendues dans les magasins de thé (chaya) où les voyageurs s’arrêtaient pour se reposer.

A l’époque, les samurais devaient obligatoirement passer une partie de leur temps à Edo, l’actuelle Tokyo, et étaient ainsi amenés à faire appel aux services des porteurs de palanquin pour leur voyage. Afin de mettre leur documents et objets de valeur en lieu sûr, les samurais achetaient ces boites à secrets dans les chaya durant leur périple.

Les boites mesuraient généralement entre 5 sun (10×15x6cm) et 6 sun (13×19x9cm) et nécessitaient entre 55 et 66 mouvements afin de permettre leur ouverture. Deux techniques de marqueterie, qui font aujourd’hui encore toute la réputation de la région japonaise de Hakone, étaient utilisées pour la couverture des boites: Zougan-Zaiku et Hakone-Yosegi-Zaiku (zaiku désignant la marqueterie). Considérées comme de véritables oeuvres d’art, les himtisu-bako étaient trés recherchées par l’élite et les nantis de l’époque.

Chaque boite est fabriquée par un seul et unique artisant responsable de chaque étape de la conception, depuis le choix du bois jusqu’à la marqueterie qui viendra orner le travail final. Neuf artisants sont aujourd’hui reconnus par le gouvernement en tant que Maîtres artisants, le plus jeune d’entre eux ayant plus de 60 ans. Les secrets de fabrication sont transmis du maître aux apprentis, mais ces derniers se faisant de plus en plus rares, certaines boites ne sont plus fabriquées.
Les artisants qui conçoivent les himitsu-bako ne réalisent pas eux-même le travail de marqueterie. D’autres artisants de la région sont spécialisés dans les deux techniques de marqueterie caractéristiques de Hakone:

– La marquerie Yosegi zaiku est réalisée à partir d’une cinquantaine d’essences de bois précieux disponibles dans la région, assemblées de façon à créer de magnifiques formes géométriques quasi-hypnotiques. C’est un processus long et minutieux qui donne à l’objet toute sa valeur et son authenticité. Cette technique de marqueterie est utilisée pour d’autres objets décoratifs tels que plateaux, boites en bois, boites à bijoux et meubles.

– La technique de marqueterie Zougan zaiku, originaire d’Egypte, est parvenu au Japon au VIIIème siècle. Elle consiste en une marqueterie recréant des motifs et dessins tels que des paysages et des mises en scènes dignes des oeuvres de Katsushika Hokusai. Ces dernières viennent parfois tapisser avec beaucoup de raffinement le dessus des himitsu-bako.

Chargées d’histoire et de tradition, les boites à secrets japonaises sont de véritables pièces de collection. Certaines sont disponibles en édition limitée voire en pièce unique. Les artisants rivalisent de créativité pour créer des motifs et des mosaïques de marqueterie toujours plus incroyables les uns que les autres et pour donner des formes inédites aux boites telles que les himitsu-bako hexagonales ou sphériques. Sans compter la complexité de certaines boites qui renferment des compartiments secrets insoupçonables!

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